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 Rocca Spaviera

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Iyäna

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MessageSujet: Rocca Spaviera   Mer 25 Avr - 16:04

Ancien fief de la Reine Jeanne 1ère de Naples, le village de la Rocca-Sparvièra, (La roche de l’épervier), fût le théâtre en 1357, et cela pour la seconde fois de son existence, d’un affreux massacre d’enfants. Ne pouvant parler du second, bien qu’il fût réel, sans évoquer la légende qui s’attache au premier ce sera donc au massacre qui se déroula vers le IXème ou le Xème siècle que se portera le début de cette étude.
A cette époque le fief de la Rocca-Sparvièra appartenait à un seigneur dont a femme mourut en couche de son deuxième enfant. Aussi donna-t-il celui-ci à élever auprès de la famille des seigneurs de Coaraze qui avait une fille du même âge. A la mort du Seigneur de Rocca-Sparvièra, le fils aîné reprit la charge de son père et épousa la fille de Coaraze bien que promise en secret au plus jeune des fils. Le jour des noces, ce dernier n’y tenant plus de jalousie s’approcha de celle qui était devenue sa suzeraine et lui dit en voyant passer un plat où gisaient rôtis un sanglier et deux marcassins, qu’il lui rendrait ce repas de noces. Puis il s’enfuit et l’on entendit plus parler de lui durant de nombreuses années.
Or, une nuit pendant que le château était endormi, le seigneur et son épouse furent réveillés par le fracas et les cris d’une bataille. C’était le frère du seigneur qui, à la tête d’une compagnie de Maures, s’était introduit dans le château par le souterrain de l’Engarvin, qui existe aujourd’hui encore. Dans la bataille il tua son frère et, devant celle qui aurait dû devenir sa femme, les deux jumeaux premiers-nés en lui rappelant qu’il lui rendait ainsi le repas offert pour ses noces. La mère, folle de douleur, disparut à jamais, et les « Vieux » de la vallée aiment à raconter que l’on peut la rencontrer, errante, le soir anniversaire du massacre.
Mais le félon ne put anéantir toute la famille car la nourrice réussit à s’enfuir avec le plus jeune enfant, et l’éleva parmi les bergers qui vivent dans les nombreuses grottes de la chaîne du Férion. Quant il eut atteint l’âge de dix-huit ans, raconte la légende, il parvint, lors d’une partie de chasse à capturer son oncle et le fit mourir de faim et de soif après avoir, avec les habitants du village, chassé les Sarazins qui y demeurait encore.
Cette légende, déjà fort symbolique pour le lieu, nous rappelle cette double naissance vue à la Madone d’Utelle, mais laisse aussi présager d’une troisième enfant. Elle fait aussi du seigneur de Rocca-Sparvièra, le sanglier et de ses enfants les marcassins. Or, le sanglier fut dans les temps anciens le symbole de la royauté et peut être assimilé au Graal par le sang-liant, le sanglier, ce qui unit l’homme au divin.
Ce fut la nuit de Noël 1357 que se passa le deuxième événement sanguinaire du lieu. La Reine Jeanne ne pouvant entendre la messe dans la chapelle du château à cause de l’état d’ébriété de son chapelain, le franciscain Dom Pancrâce, dont le nom signifie « tout en chair », elle se rendit avec des gens à l’église du village de Coaraze. Or la souveraine éprouvait un terrible pressentiment et la phrase de l’un de ses proches, « La souveraine trouvera table mise » la renforçait encore. N’écoutant alors que son instinct maternel, et au grand émoi des fidèles et du prêtre réunis en l’église paroissiale, elle quitta l’office avant la fin pour rejoindre le château.

A son arrivée elle découvrit la demeure déserte, les quelques gardes massacrés, la gouvernante ligotée et le moine cuvant son vin, mais point d’enfant dans les berceaux. Folle d’angoisse elle parcourut la demeure et arrivant dans la salle à manger l’horreur et la tristesse s’emparèrent d’elle car elle trouva table mise. Les mets n’étaient autres que ses deux jeunes enfants, égorgés, découpés, et présentés dans la vaisselle d’argent.
La légende veut que son moment d’abattement passé et dans la même nuit, la reine ait rassemblé ses gens et les habitants du village pour leur annoncer son départ pour Naples et qu’au moment de partir, devant les portes du château et face à l’entrée elle ait crié de douleur :
« Rocca roquina un jorn vendra que sus ta fieu cima, cantéra plu ni gal ni galina »
Ce qui en français signifie :
« Roche maudite, un jour viendra où sur ta mauvaise cime ne chantera plus de coq ni de poule ».
Trois cents ans après cette malédiction le village voyait son dernier habitant quitter les lieux. La légende signale que c’était la nuit de Noël 1657 et que celui-ci se rendit au nouveau village que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Duranus.
Etrange coïncidence que ce nom qui se rapproche de celui qui commandita le meurtre des enfants, mais aussi celui de la mère qui mourut en 1382 dans le château d’Aversa par les hommes de Charles d’Anjou, Duc de Durazzo, dit Duras.
Ces événements sont suffisamment étranges pour que l’on s’y arrête et que l’on y cherche, au travers du symbolisme, une possible explication.

L’épervier :
Symbolisant en Egypte, l’oiseau messager d’Horus, l’épervier est semblable à l’aigle comme symbole solaire. Signe de haute noblesse, il remplace souvent le faucon dans la chasse au vol. Il est aussi le prédateur naturel des poules ce qui confère à la malédiction de la Reine Jeanne un sens caché.
C’est, en effet, pendant la nuit de Noël et alors qu’elle entend la messe célébrant la naissance d’un enfant qui sera considéré comme la Lumière, que ses propres enfants, « les jumeaux royaux » seront égorgés dans les ténèbres de la nuit ».
En outre, nous retrouvons ces deux jumeaux justes en face sur la statue de la Madone des Miracles, ce qui nous remémore le douzième chapitre de l’Apocalypse selon saint Jean.
En quelques courtes heures on peut dire que la souveraine va connaître presque toute la liturgie catholique.
Cela se passe pendant la nuit de Noël mais dès son arrivée au château la reine est transportée au 28 décembre, jour de la fête du massacre des saints Innocents. Puis, se reprenant et faisant amener son chapelain devant elle, c’est lui qui a ouvert la porte aux assassins, elle pourra dire :

« Prenez et manger car ceci est mon corps, et prenez et buvez car ceci est mon sang »
Car effectivement, la chair et le sang de ses enfants sont bien les siens. Evidemment la comparaison s’arrête ici, car pour la malheureuse mère comme pour les enfants, il n’y eut pas de résurrection après la mort.
Avant de revenir à l’épervier il est fort important de noter que très souvent, dans les temps anciens, la naissance de jumeaux était mal vue dans la famille car elle portait la suspicion sur la mère. On ne pouvait, en effet en ces temps là, n’avoir qu’un enfant d’un même homme à la fois. Ceci expliquerait dans bien des cas pourquoi fut caché le deuxième enfant.
Mais revenons à l’épervier. Le rapace n’a qu’une compagne et cela pour la vie, et à ce titre il peut être pris comme un symbole de fidélité au contraire du coq et de la poule. Ce coq qui aurait dû guetter la lumière, cette lumière qui vient après la plus profonde nuit, et cette absence de vigilance et de persévérance est donc la cause du massacre, ce coq pouvant être considéré comme le chapelain qui renia Jésus pour Bacchus. Car l’épervier, l’oiseau envoyé d’Horus, c’est-à-dire Dieu, c’est Charles Duras, qui revendique le titre de Roi de Naples mais surtout celui de roi de Jérusalem et qui pour avoir le champ libre tua ceux qui pouvaient, à la mort de la reine, lui barrer la route du trône. Quant au seul oiseau pouvant chasser l’épervier c’est l’aigle ; car tout comme lui il est un rapace mais sa force et sa taille lui donne l’avantage dans le combat. Et cet aigle existe à la cour de la Reine Jeanne 1ère de Naples et n’est autre que son « généralissime » : Ludovic Lascaris-Vintimille, Comte de Tende, ancêtre de Jean-Paul Lascaris-Castellar 57ème Grand Maître des Chevaliers Hospitaliers de saint Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, et dont la devise est : Nec me fulgura : Ne me foudroie pas.
Pour parfaire cette courte, mais édifiante étude symbolique et toponymique d’un fait historiquement établi, il est nécessaire de savoir que le surnom de la souveraine napolitaine n’était autre que la « Royale Ribaude » c’est à dire « la Poule royale ».
Cette thèse se voit encore renforcée par le fait que la montagne qui domine l’ancienne Rocca-Sparvièra et s’étire du col saint Michel au col du Dragon par la Barre de l’Ours s’appelle : « La montagne Castellar ».

Extrait de l’Ineffable secret - Tredaniel
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